Trois cents kilogrammes de clarias gariepinus (poisson chat) ont été captivés et vendus, dimanche, à la Ferme agricole communautaire intégrée (FACI) de Béma (Bakel, nord-est) au cours d’une journée de pêche en présence de plusieurs acteurs du secteur.
La ferme qui polarise onze villages de la commune de Gabou a été installée en 2024 par le Projet d’amélioration de la résilience des écosystèmes et des communautés face aux changements climatiques (PAREC-CC).
Elle dispose d’un espace pour le maraîchage, un espace pour l’arboriculture, l’apiculture et un bassin piscicole de 3 mètres de profondeur placé sous la surveillance et la maintenance de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte (ASRGMV).
Pour cette première séance de pêche, sept mois après l’introduction des alevins, un nombre important de poissons est sorti de l’eau.
“On peut dire, dans l’ensemble, que cela a été une très bonne pêche. Une excellente production pour une première dans le département”, s’est réjoui Ameth Fall, chef du service départemental des pêches et de la surveillance de Bakel.
Après la récolte, les 300 kilos de clarias gariepinus ont été vendus sur place, aux acteurs de pêche des onze villages partageant la ferme, venus nombreux assister à l’évènement.
“On a pêché des poissons en qualité et en quantité. Tous les gens présents ici ont été servis à un prix abordable”, a ajouté M. Fall, rappelant que le kilo est vendu à 2 000 FCFA. “Si c’était dans les marchés, le prix du kilo allait doubler”, a t-il parié.

Selon lui, la pisciculture constitue la principale alternative à la raréfaction des ressources halieutiques, invitant les acteurs de pêche à s’approprier la ferme et à développer cette activité dans la zone.
“La population a acheté toute la récolte et c’est une satisfaction de façon générale”, s’est réjoui, de son côté, Harouna Ba, chef de pôle de l’ASRGMV des départements de Bakel et Goudiry”, rappelant que l’objectif était de permettre aux acteurs d’être résilients face aux changements climatiques.
“On a essayé d’impliquer le maximum, la population pour qu’elle s’approprie le projet. L’argent gagné sera introduit pour acheter d’autres alevins. Et dans 4 mois, on va revenir ici pêcher”, a déclaré M. Ba.

Pour Ousseynou Magassi, un pêcheur du village de Béma, c’est une fierté d’avoir assisté à cette séance de pêche mais surtout, de voir le fruit de leur travail après quelques mois d’entretien et d’investissement pour le bien-être des poissons.
“C’est une fierté pour tous les villages associés à la ferme. Au départ, j’avais pensé que les poissons n’allaient pas suffire pour tout le monde, mais on a obtenu des poissons de quantité et de qualité”, a t-il affirmé, souhaitant l’extension du projet dans les autres zones du département.

Située à environ 10 km de Bakel, la FACI de Béma a été financée par le PAREC-CC dans le cadre de l’amélioration des résiliences communautaires des populations face aux changements climatiques.
“Il y a deux aspects dans le projet, la résilience écologique qui permet de récupérer des terres dégradées et la résilience communautaire à travers le développement des chaînes de valeur où les gens peuvent développer des activités pour améliorer leurs conditions de vie et de travail”, a rappelé Boubacar Ba, chef d’antenne PAREC-CC de Bakel.
En dehors de la récolte des poissons, il a salué l’appropriation du projet par les populations.
“PAREC-CC est un projet pour la communauté. Nous avions appuyé les populations dans l’installation d’un périmètre. C’était la récolte des poissons aujourd’hui et dans quelques temps, elles auront également des légumes. C’est une bonne réussite”, a salué M. Ba



Source : APS
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