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Reconfiguration du paysage politique : Les jeunes leaders aux commandes

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L’avènement du Pastef au pouvoir semble avoir provoqué une onde de choc dans la classe politique en poussant de jeunes leaders à prendre leur destin en main en formant leur propre mouvement politique. Ils entendent profondément reconfigurer le paysage actuel en incarnant une nouvelle manière de faire de la politique, loin des partis traditionnels, afin d’offrir un projet susceptible d’accrocher les jeunes.

Cet homme en costume noir et lunettes assorties parait bien seul dans ce tumulte marquant l’ouverture du Dialogue national du 28 mai tenu 2025 au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio(Cicad).

Cartable à la main, le Dr Malick Diop, président du mouvement Alliance de la Renaissance et de l’Espoir au Sénégal (Ares), regarde la cohue autour des leaders politiques qui s’affairent derrière les micros des journalistes. La tentation parait grande de rejoindre la grande scène médiatique pour l’ancien responsable de l’Alliance des Forces du progrès (Afp) qui entend désormais prendre son mal en patience.

« Nous sommes en train de travailler pour faire de notre mouvement un parti politique. Nous le faisons avec nos collaborateurs », confesse-t-il. Cette tendance de jeunes leaders voulant voler de leurs propres ailes semble se vulgariser depuis la venue de Pastef au pouvoir en 2024. Ainsi, de jeunes politiques, tels que Moussa Diakhaté, du mouvement politique « Nouvel élan libéral (Nel) », Barthélémy Dias (Sénégal Bi Ñu Bokk), Thierno Bocoum (Agir)…ont décidé de rompre avec leur ancienne formation politique pour voler de leurs propres ailes. Ce jeunisme dans le renouvellement du personnel politique semble rebattre les cartes du jeu politique sénégalais. L’avènement d’une nouvelle classe de dirigeants, incarnés par le duo Diomaye-Sonko, semble avoir décomplexé les jeunes leaders soucieux de ne plus affûter leurs « armes politiques » dans l’ombre d’un grand mentor. Nouvelle offre politique Ceci a poussé les partis traditionnels à réagir. Ainsi, Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse sous Macky Sall, désigné nouveau coordinateur national de la Convergence des Cadres républicains (Ccr), apparait comme la nouvelle figure montante de l’opposition, tandis que l’Afp fait sa mue en portant à sa tête Mbaye Dione, son nouveau secrétaire général.

Selon Moussa Diaw, enseignant-chercheur en Sciences politiques à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, ce bouleversement du champ politique s’explique par la volonté des nouveaux leaders de capter l’attention de la jeunesse que les partis traditionnels peinent à représenter dans leur discours politique. « Les nouveaux leaders des partis politiques veulent s’éloigner des vieilles institutions politiques qui ne disposent pas des codes et des références pour accrocher cette jeunesse politisée », déclare l’universitaire. Il poursuit : « Cette dernière est à la recherche de figures et de symboles capables de la projeter vers un avenir meilleur et de lui proposer une nouvelle offre politique en phase avec les nouvelles tendances du monde moderne ».

Abondant dans le même sens, Pape Abdou Fall, directeur de Publication du magazine « La Gazette », révèle que cette rupture générationnelle, incarnée par le parti Pastef, a ouvert le champ politique pour un nouveau personnel politique qui compte tracer sa propre voie. « Nous sommes en face de jeunes politiques qui veulent désormais s’arroger un espace de vie politique en s’affichant avec leur propre image et idéologie », dit-il d’entrée, avant d’avertir la nouvelle classe politique sur les risques d’une quête effrénée vers la popularité. Selon M. Fall, « cette volonté de rupture ne doit pas se traduire par une volonté d’axer toute sa stratégie communicationnelle sur les réseaux sociaux dont la versatilité peut être source d’incertitude politique. Les équilibres régionaux, le maillage territorial et l’histoire du parti constituent aussi des éléments clés pour bâtir une carrière politique ». Toutefois, souligne le Dr Malick Diop, ce désir des jeunes de s’assurer une place sur le terrain politique peut aussi s’expliquer par la conjoncture politique. Surtout que, ajoute-t-il, la jeunesse constitue la plus grande partie de l’électorat au Sénégal. « La décision des jeunes politiciens de créer leur propre parti n’est pas liée à l’âge ou à une question de jeunesse. Je crois qu’un homme politique, jeune ou pas, qui a atteint une certaine envergure politique, doit pouvoir voler de ses propres ailes, quel que soit son âge. Il s’agit juste d’avoir la personnalité et la carrure politique pour pouvoir prendre son destin en main », affirme l’ancien directeur de l’Agence sénégalaise de la Promotion des Exportations (Asepex).

Source : Le Soleil

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