Après un an à la tête du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a insufflé une nouvelle dynamique dans le secteur de la communication, notamment dans les médias.
Dès sa campagne électorale et au début de son mandat, le président Faye a affiché son ambition de réformer la régulation des médias, un domaine souvent au cœur des tensions politiques et sociales. L’un de ses premiers chantiers a été la réforme de la gouvernance du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), avec pour objectif de renforcer son indépendance et sa capacité à garantir un paysage médiatique équilibré.
Le chef de l’État a également multiplié les consultations avec les organisations de presse afin de poser les bases d’un cadre plus transparent. La question de l’accès à l’information a été soulevée à plusieurs reprises.
Par ailleurs, le financement de la presse a été un enjeu central des réformes engagées. Le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) a été réévalué pour garantir une distribution plus équitable des subventions. De nouveaux critères, basés sur la qualité du contenu et le respect des normes journalistiques, ont été instaurés afin de favoriser un journalisme plus responsable.
Le gouvernement a ainsi mis en place un processus de régulation renforcé visant à clarifier le statut des médias et à garantir le respect des normes professionnelles. Un recensement officiel a été lancé afin d’établir une liste des organes de presse légalement reconnus, selon des critères tels que la régularité des publications, la transparence financière et le respect des règles éthiques. Cette initiative a conduit plusieurs médias à se mettre en conformité avec la réglementation en vigueur.
Si cette démarche est saluée par une partie des professionnels du secteur, certains dénoncent un risque de restriction des libertés, notamment avec la réglementation des médias en ligne.
Le « New Deal Technologique » : vers un Sénégal digital et souverain
L’un des projets phares du président Faye dans le domaine des télécommunications est sans doute le « New Deal Technologique », lancé officiellement le 24 février dernier. Ce plan ambitieux vise à faire du Sénégal un hub numérique en Afrique.
Il repose sur plusieurs axes majeurs :
L’extension de la couverture Internet à l’échelle nationale, notamment en milieu rural, grâce à des accords entre l’État et les opérateurs télécoms.
Le renforcement de la souveraineté numérique, avec la création de data centers nationaux pour héberger les infrastructures critiques du pays et limiter la dépendance aux serveurs étrangers.
Un cadre réglementaire plus strict sur l’exploitation des données personnelles et les transactions numériques, l’accompagnement des start-ups technologiques, avec la mise en place d’incubateurs et de financements dédiés à l’innovation.
En un an, le président Bassirou Diomaye Faye a ainsi posé les bases d’une transformation numérique et médiatique du Sénégal, avec une volonté affichée de modernisation et de régulation accrue. Toutefois, ces réformes suscitent des débats, entre nécessité d’encadrement et préservation des libertés fondamentales.
Source : Le Soleil
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